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A la découverte des Transmissions Sauvages de Simba Le Fonkicker

Comme à mon habitude, je vais vous commencer cette chronique en vous plongeant dans le quotidien d’un journaliste (mdr) Hip-Hop.
Après une bonne nuit de sommeil, j’aime recevoir les messages mignons du matin. En checkant mon téléphone de fonction, un magnifique Galaxy Note 4 blanc (mdr), je me rends compte que j’ai reçu un nouveau SMS. Et bah, ça change grave de d’habitude. Du coup, je l’ouvre et je tombe sur un +336… non, je ne suis pas sorti la veille donc ce n’est pas un numéro que j’aurais pu prendre en boîte (mdr, c’est le Ramadan en plus).
ANYWAY, venons-en aux faits. Le message en question n’était pas un « Salut bébé, bien dormi ? » mais une demande d’écoute de l’album « Transmissions Sauvages » de Simba le Fonkicker. Je précise tout ça car je ne connaissais vraiment pas Simba. Après avoir fait un petit tour de propriétaire de ses réseaux sociaux, je me suis mis à l’écoute des « Transmissions Sauvages ».

Simba Le Fonkicker, voici ta cassette.

Tu as mis la barre très haute en te surnommant « Fonkicker ». J’en attends donc beaucoup, et j’espère bouger la tête à chaque morceau.
Je lance donc le projet sur Spotify. Je lance l’intro, dictée par Roziona (je présume). Il s’agit d’une femme à la voix douce, lisant (ou slammant en quelque sorte), un texte sur l’instrumentale la plus basique au monde : des chants. Et crois-moi, ça le fait. Je me retrouve à déguster chaque mot, à être attentif à toutes les variations d’intonation… c’est une vraie introduction. La tracklist devient bien plus solide à mes yeux, car j’ai l’impression d’entrer petit à petit dans ton univers Simba. Partons maintenant à la découverte du reste du projet.

2 – Nouveau cycle
Et voilà, j’suis sous le choc. Ca kick très bien, et ça me fait revenir à une époque où les rappeurs préféraient fumer un morceau que de répéter quinze fois la même phrase sur un refrain. Simba se présente, se met en scène, et parle de lui : son vécu, son histoire, ses espoirs, ses rêves et ses déceptions. Une excellente façon de commencer un projet, qui correspond bien au titre du projet. Il nous transmet sa rage, son désespoir. Un morceau sombre, qui nous donne envie de passer rapidement à la suite. La prod est carrée. Sans faute pour le moment

3 – J’aurai pu croire
J’ai envie de brûler des voitures à l’écoute du son. Nous sommes dans une époque où nous oublions rapidement la misère dans laquelle les politiciens, les médias et la police nous laissent. Avoir un artiste qui nous le rappelle fait un grand bien et encore une fois, je retourne dans mon rap pré-Migos. Dans ce rap réel, cruel qui nous met la situation actuelle devant les yeux. De nombreux sample de phrases choc, accompagnées de pleurs déchirants qui nous poussent à réfléchir.

4 – J’ai que ça comme diplôme
Le seul diplôme que j’ai, pour l’instant, c’est d’avoir dépassé les 1000 followers sur Twitter. J’ai donc voulu me comparer avec Simba le Fonkicker, et… il me bat. Diplômé de la rue, il raconte la vie de rue, loin de la vie de rêve. Je pense à tous les yenclis qui auraient rêvé de vivre une semaine en bas d’une cité : ce son est fait pour vous. Vous aurez pignon sur hall, et vous pourrez vivre dans la peau d’un vrai street-man pendant 3:32. Again, la prod. est excellente et fait bouger la tête bien comme il faut.

5 – Calé dans l’instant
Pour l’instant, je n’ai pu écouter que des sons plutôt sombres. Vrais, crus, durs certes, mais très sombres. « Calé dans l’instant » vient mettre un terme à cet univers morose, pour y ajouter de la couleur. Le tempo est plus rapide, et Simba peut s’en donner à coeur joie pour nous balancer ses meilleures punchlines : il fait comme un président, il nous sourit face à la caméra et nos faces de rat. Et hop, j’ai envie de battle un gars comme un B-boy maintenant.

6 – Interlude 1
La première partie du projet est passée. Quoi de mieux pour clore une first part que du bon vieux scratch ? Et hop, 41 secondes de repos avant d’enchaîner sur…

7 – Regarde
Je suis heureux. Nous ne sommes pas retournés dans l’univers sombre des premiers sons. Non, cette fois, on reste sur de la légèreté. Dans « Regarde », Simba découpe la prod. bien comme il faut, et continue d’exposer son métier : présenter ce qui l’entoure. Il nous peint doucement sa carrière, dans un égo-trip appliqué et raffiné. Une douceur.

8 – On m’écoute
La tracklist est vraiment bien pensée. L’ego-trip continue sur ce morceau, mêlé à un discours dur, piquant les élites de temps à autres. Bien jouééééééé Simba.

9 – Buzz du moment
MAIS QUEL DEBUT. QUEL SAMPLE. J’ai envie de pleurer. Doc Brrown explique à Simba son « Buzz du moment ». C’est ensuite au tour de Simba… un vrai dialogue, une confrontation de styles et de flows différents qui donnent envie de lâcher des « WOUHHHHHHHHHHH LOURDE CETTE PUNCHLINE !!! ».

10 – Interlude 2
Deuxième partie du projet terminée. Un deuxième interlude tout calme, sur fond de scratch et de Jazz de salon. J’ai envie d’aller aborder une femme en longue robe à talons assise à une table au moins… mais je suis toujours dans ma chambre, avec mes trois écrans comme seule compagnie.

11 – Mon univers
La douceur continue encore un peu et nous fait redescendre petit à petit vers le sol, monde de Simba. Toujours dans un style ego-trip, il nous présente son quotidien d’artiste. Des big-up pour ses beatmakers, pour ses barmen préférés et ses chers whisky secs… et c’est parti.

12 – La même mélodie
J’en étais sûr. Après le réconfort, les efforts. Nous sommes repartis sur le sol, et les rêves prennent fin. Simba nous rappelle la difficulté de vivre sans argent, de travailler pour de petits pesos… la tess n’est pas un lieu aisé et nous nous en souvenons grâce à Simba. Bienvenue à Rennes.

13 – Interlude 3
Fin de la très courte troisième partie. Et là je veux savoir de quel film de boxe vient le sample de la troisième Interlude parce que…

14 – Mais non
PARCE QUE CA PASSE ARCHI BIEN AVEC LE DEBUT DE « MAIS NON ». Quelle énergie. Une prod. énervée… je ne sais pas quoi dire de plus. Simba fracasse encore une fois l’instru, en rappelant qu’il est là depuis longtemps, et qu’il ne s’arrêtera sûrement pas maintenant. Alors crois moi, je ne veux vraiment pas qu’il s’arrête après l’écoute du son. VOTEZ SIMBA.

15 – Da Bomb
L’instru est plus « actuelle ». J’attends donc de voir ce que Simba peut nous balancer dessus et… je ne suis pas déçu. Il arrive à flirter avec la perfection, et je vois qu’il connaît complètement son métier. Alternant les intonations, les débits et les références, il rappelle qu’il n’a plus rien à prouver… et en effet, je reste bouche bée.

16 – Quelle chance (évolution)
Au vue de la longueur des noms après le titre, je me doutais que ce serait un bon gros cypher et je ne suis pas déçu. Ca faisait longtemps qu’on avait pas eu une dizaine de rappeurs derrière un micro, balançant un 16 (mdr j’ai pas compté en vrai c’était pour faire le connaisseur) mesure. A vous de dire qui est le meilleur…

17 – Le blizzard souffle
Non, ce n’est pas la flûte de Mask Off. Simba n’a pas fait la même erreur que Rohff… Par contre, il a su utiliser des modifications de sa voix au bon moment et bordel ça fait du bien. Très gros travail de l’ingé son, car nous entrons dans une toute autre dimension. De nouvelles couleurs dans un projet déjà très coloré. J’en ai eu la chair de poule, à cause de ce blizzard.

18 – Au-dessus des pyramides
J’ai la ferme intention de devenir Illuminati. J’ai donc écouté ce morceau avec attention, afin de tenter de trouver des indices qui me permettraient de me faciliter la tâche. Je devrai peut-être lire les lyrics à l’envers… mais je n’ai pour l’instant rien trouvé malheureusement. Mais là encore, ce morceau colle bien à la quatrième partie. Une prod. toujours aussi « actuelle », qui démontre l’agilité de Simba. C’est bien cool ma foi.

19 – Transmissions Sauvages
Voici le titre éponyme du projet. Qu’est-ce que j’en pense ? Très profond, très travaillé, très très. Je n’ai plus vraiment d’adjectif pour souligner le travail important de Simba le Fonkicker et son équipe. Je sais à l’avance que ce n’est pas la fin du projet mais s’il terminait là, je donnerais une très belle note. Avant de me presser de lancer le morceau suivant, je continue d’écouter Transmissions Sauvages. Et je continue de bouger la tête, de froncer les sourcils en mode « Bordel, quel homme », en scrutant le vide. C’est très flatteur, crois-moi Simba.

20 – Outro
L’outro clôt presque le projet. Batteur que je suis, j’apprécie la présence de l’instrument et je me relaxe, avant l’apothéose.

21 – Freestyle Final
ET L’APOTHEOSE C’EST MAINTENANT. Encore une fois, l’art du sample est excellent. 7:37 de bonheur, avec une grosse équipe derrière le micro. Je ne sais même plus quoi dire à part : ECOUTEZ POUR DIRE QUI GAGNE LE GRAND FREESTYLE FINAL. C’est Battle Royal crari.

CONCLUSION

Comment conclure cette chronique qui n’illustre pas assez la qualité de ce projet ? Transmissions sauvages est complet, parfait dans sa réalisation et dans sa tracklist. Ni long ni court, (no homo), juste parfait. Je n’ose pas donner une note mais bon, lançons-nous. Je mets un bon gros 9/10, car je réserve mes 10/10 à Travis Scott et The Weeknd…

Pour écouter / chopper « Transmissions Sauvages » de Simba le Fonkicker, c’est par là bien entendu.

À propos de akm914

Assoiffé de culture, mais jamais repu.

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